Imagine un monde où chaque erreur que tu commets est vue comme une opportunité. Où rater ne signifie pas être incompétent, mais progresser. Ce monde existe peut-être déjà… mais pas en France.
En France, réussir, c’est souvent synonyme de ne jamais échouer.
Dès l’école, l’erreur est sanctionnée, pointée du doigt, entourée de rouge sur les copies. On valorise les premiers de la classe, on félicite ceux qui trouvent la bonne réponse du premier coup, et on ignore ceux qui tâtonnent, expérimentent et apprennent à force d’essais et d’erreurs. Résultat ? Une peur paralysante de l’échec qui nous suit dans la vie professionnelle et entrepreneuriale.
Mais comment en sommes-nous arrivés là ? Pourquoi ce tabou de l’échec est-il si profondément ancré dans notre culture ? Et surtout, comment en sortir pour enfin valoriser l’apprentissage par l’erreur ?
L’idée qu’un gagnant doit réussir du premier coup est un mythe qui trouve ses racines dans l’histoire de la France et dans son système éducatif.
Depuis l’école primaire, on inculque aux enfants que les erreurs sont des fautes. Un devoir rendu sans faute est récompensé, tandis qu’un devoir avec des erreurs est sévèrement noté. Contrairement aux systèmes éducatifs nordiques ou anglo-saxons, qui mettent l’accent sur le raisonnement et la capacité à apprendre de ses erreurs, la France préfère un modèle où l’élève doit maîtriser une réponse parfaite avant même d’expérimenter.
Ce modèle crée une aversion au risque dès le plus jeune âge. Un élève qui hésite, qui tâtonne ou qui propose une solution différente de celle attendue est souvent corrigé plutôt qu’encouragé.
➔ la conséquence ? Une peur de l’échec qui se propage dans tout au long de ta vie aussi bien privée que professionnelle. Un salarié ou un entrepreneur français préférera ne pas essayer quelque chose de nouveau plutôt que de prendre le risque de se tromper.
La France est un pays où l’excellence académique est très valorisée. Les grandes écoles, les concours, les classements… Tout est fait pour identifier une élite qui aurait « réussi » dès son parcours scolaire. Ceux qui échouent à ces étapes cruciales sont souvent mis de côté et peinent à rebondir.
Contrairement aux États-Unis où des parcours atypiques sont valorisés (un dropout de Harvard qui monte une start-up est vu comme un génie en puissance), en France, sortir des sentiers battus est perçu comme un échec.
➔ un exemple frappant ? L’écart entre la perception des start-up françaises et américaines. Aux États-Unis, une start-up qui échoue est perçue comme un apprentissage. En France, c’est une tache sur le CV, difficile à justifier aux banques et investisseurs pour un futur projet.
L’aversion à l’échec est également visible dans l’histoire économique du pays. En France, une faillite est souvent synonyme de honte, alors que dans d’autres pays, elle est une étape courante du parcours entrepreneurial.
➔ un exemple frappant ? Xavier Niel, fondateur de Free. Avant de réussir, il a connu de nombreux revers, notamment des démêlés judiciaires. Aujourd’hui, il est un modèle d’entrepreneur en France. Mais combien d’autres n’ont pas eu cette chance et ont été définitivement écartés après un premier échec ?
Pourquoi en France l’échec est-il si mal perçu, alors qu’ailleurs il est vu comme une étape nécessaire ? Comparons la vision d’autres cultures :
Aux États-Unis, un entrepreneur qui a échoué plusieurs fois est souvent perçu comme plus fiable, car il a appris sur le terrain. La Silicon Valley en est l’exemple parfait : le mantra « Fail fast, fail often » encourage les entrepreneurs à tester rapidement leurs idées, à échouer vite et à en tirer des leçons.
➔ un cas concret ? Jeff Bezos et Amazon. Avant de bâtir un empire, Bezos a connu de nombreux échecs, dont le Fire Phone, un produit qui a été un véritable fiasco. Plutôt que de s’arrêter là, il a analysé les raisons de cet échec pour en tirer des enseignements et créer d’autres produits plus adaptés aux attentes du marché.
En Allemagne, l’échec est vu comme une étape dans un processus structuré. Les entreprises allemandes ont une approche prudente et méthodique, où les erreurs sont tolérées tant qu’elles sont documentées et analysées.
➔ Intéressant ! Le concept du « Mittelstand », qui désigne les PME allemandes prospères, repose sur une amélioration continue, où chaque erreur est un moyen de perfectionner le produit ou le service.
Le Japon a une relation ambivalente avec l’échec. D’un côté, il existe une forte pression sociale pour éviter la « perte de face ». De l’autre, le concept du « Kaizen » (amélioration continue) met l’accent sur l’apprentissage progressif et l’optimisation des processus.
➔ un cas concret ? Toyota applique une philosophie où chaque employé est encouragé à signaler les erreurs et à proposer des améliorations.
Si l’on veut que la France évolue, il faut transformer notre vision de l’échec à tous les niveaux :
Epic Fail a été créé pour répondre à ce problème et aider à changer la perception de l’échec en France.
Le projet repose sur plusieurs piliers :
Un média complet (podcast, blog, YouTube)
Des interviews, des témoignages et des analyses sur des échecs inspirants pour montrer que l’échec n’est pas une fin, mais une étape clé de l’apprentissage et de l’évolution
Des formations
Pour accompagner ceux qui veulent rebondir après un échec, que ce soit dans leur carrière, leur entreprise ou leur projet personnel
Des événements en ligne et en physique
Pour accompagner ceux qui veulent rebondir après un échec, que ce soit dans leur carrière, leur entreprise ou leur projet personnel et inspirer toute personne qui souhaite se lancer ou apprendre des erreurs des autres
Une communauté engagée
Un espace où chacun peut partager ses échecs et en tirer des apprentissages, sans jugement, dans une démarche de progression collective.
➔ notre objectif ? Faire en sorte que l’échec devienne une étape normale du parcours, qu’il soit entrepreneurial, personnel ou professionnel. Transformer la peur de l’échec en moteur de réussite grâce à l’apprentissage et à la formation.
L’échec n’est pas un point final. C’est une virgule, une pause, un moment de réflexion avant de repartir plus fort. Si nous voulons créer une société plus innovante, plus audacieuse et plus résiliente, nous devons apprendre à accepter et même à valoriser l’échec.