Hayao Miyazaki, l’homme piégé par son perfectionnisme

Art et designDéveloppement personnelil y a 2 semaines113 Vues

Hayao Miyazaki. Ce nom évoque immédiatement le studio Ghibli et nous avons immédiatement en tête des images magiques : que ce soit l’incontournable Totoro, Chihiro traversant un pont dans le monde des esprits ou encore Kiki s’envolant sur son balai au-dessus de la ville.

Mais derrière cette poésie visuelle se cache une réalité bien plus rude.

Miyazaki est un artiste insatiable, un perfectionniste dont l’exigence a façonné son œuvre tout comme son propre enfer.

Jusqu’où peut-on pousser l’excellence avant qu’elle ne devienne un poids ? Le perfectionnisme est-il un moteur ou un frein à la créativité ? Et surtout, comment savoir quand s’arrêter ?

Sur le tournage du Voyage de Chihiro, Miyazaki fixait l’écran, silencieux. Derrière lui, des animateurs attendaient son verdict. Après un long moment, il murmura : « Ce n’est pas assez fluide. »

Cette scène te rappelle-t-elle quelque chose ? As-tu déjà passé des heures, voire des jours, à peaufiner un projet sans jamais être satisfait ? Combien de fois as-tu repoussé une publication, une présentation, une idée en te disant qu’il manquait encore quelque chose avant que tout soit parfait ?

Depuis toujours, Miyazaki ne laisse rien au hasard. Il dessine lui-même de nombreux plans alors que d’autres réalisateurs délèguent ces tâches. Il exige des mouvements réalistes, fluides, parfois même inspirés de vidéos tournées en conditions réelles.

Chaque projet devient dès lors une montagne à gravir, un défi dont il est souvent le seul à voir le sommet.

Et cette quête de l’absolu a malheureusement un coût.

Tout d’abord sur lui-même

Miyazaki a annoncé sa retraite plusieurs fois. Mais à chaque fois, il est revenu.
Pourquoi ? Parce qu’il ne sait pas s’arrêter. 

Créer n’est pas un métier pour lui, c’est un besoin vital.

Mais avec le temps, la fatigue s’est installée. Ses collègues racontent qu’il passe des journées entières à son bureau, plié sur ses dessins, jusqu’à s’effondrer d’épuisement. Un acharnement qui finit par laisser des traces aussi bien physiques que mentales.

Dans le documentaire Never-Ending Man, on le voit affronter une question qu’il n’avait jamais osé se poser : « Que faire du temps qu’il me reste ? » Il est conscient que son corps vieillit, que son énergie diminue. Et pourtant, il ne peut s’empêcher de reprendre un crayon inlassablement.

« Never-Ending Man : Hayao Miyazaki » de Kaku Harakawa – 2019

Et aussi sur ses équipes

Le Studio Ghibli est peut être assimilée à une pépinière de talents … doublée d’un champ de bataille. Certains animateurs ont tout donné, jusqu’à l’épuisement. Comme leur maître. 

Des journées de 12 heures. Des nuits blanches. Des mois sans voir leur famille.

La pression est colossale. Miyazaki ne tolère aucun compromis. L’animation doit simplement être parfaite ou ne pas être du tout. Il est capable de jeter une scène après des semaines de travail simplement parce qu’elle ne « ressent » pas juste.

Pour beaucoup, il est un mentor exigeant. Pour d’autres, un tyran insatiable.


Quand vous regardez votre propre travail et que vous êtes satisfait, vous avez un problème.

Hayao Miyazaki – Studio Ghibli

Une chose qu’il faut savoir est qu’un projet qui traîne trop en longueur finit toujours par perdre son élan créatif. Et ça, Miyazaki en est conscient. Certains de ses films ont même failli ne jamais voir le jour à cause des modifications incessantes qu’il leur apportait.

Mais cela ne concerne pas que l’animation. 

Dans ses moments de doute, il se remet en question, comprend qu’il a parfois trop demandé. 

Je t’invite donc à te poser ces questions : jusqu’où faut-il aller pour atteindre l’excellence ? Et surtout, est-ce que l’œuvre finale vaut vraiment tout ce sacrifice ?

Un jour, un de ses collègues lui a dit : « Tu ne pourras jamais tout contrôler. » Cette phrase a marqué Miyazaki.

Il commence alors à déléguer davantage, à accorder plus de liberté aux animateurs. C’est difficile, mais il sait qu’il doit le faire. 

Car au fond, l’art n’est jamais parfait. Il est vivant, imparfait, spontané.

Même dans Le Vent se lève, l’un de ses derniers films, on sent cette acceptation progressive : l’histoire d’un homme qui apprend que la beauté est éphémère, mais qu’elle mérite d’être vécue malgré tout.

Laisser place à l’inattendu

Parfois, les plus belles choses naissent de l’improvisation. Miyazaki lui-même a admis que certaines de ses meilleures idées sont venues lorsqu’il a cessé de tout contrôler.

Prioriser l’impact plutôt que la perfection

Plutôt que d’améliorer encore et encore une scène, il faut savoir se demander ce qui est essentiel. L’émotion passe souvent avant le détail technique mais on a tendance à vite l’oublier.

Surtout ne pas sacrifier son bien-être

L’industrie de l’animation est exigeante. Et aucun film ne vaut la santé d’un artiste.

Il est nécessaire de créer un environnement où l’excellence est recherchée sans devenir destructrice.

Hayo Miyazaki restera à jamais un maître de l’animation. Son perfectionnisme a donné au monde des films inoubliables.

Son parcours nous rappelle cependant une chose essentielle : viser l’excellence est noble mais apprendre à lâcher prise est tout aussi important.

Alors pose-toi cette question : Combien de choses as-tu mises en attente simplement parce qu’elles n’étaient pas “parfaites” ?

Et si c’était le moment de les faire vivre, sans attendre ?

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