J’ai quitté mon job pour être utile et maintenant je galère

Je voulais changer le monde. J’ai juste changé de galère.

Ils s’appellent Julie, Mehdi, Claire. Ils ont quitté la pub, le conseil, l’industrie, parfois à 28 ans, parfois à 50.

Tous avaient cependant un point commun : le besoin profond de retrouver du sens. De “faire leur part”. De rejoindre un métier “à impact”.

Mais à l’enthousiasme du départ a souvent succédé une autre réalité : la solitude, l’instabilité voire même la précarité. Et une question qui brûle les lèvres : “Ai-je tout quitté pour rien ?”

Depuis la crise sanitaire, les reconversions vers des métiers à impact ont explosé. Le baromètre 2023 de Ticket for Change / Occurrence indique que :

  • 93 % des Français veulent un travail qui a du sens
  • 1 actif sur 2 envisage de changer de voie
  • Et 40 % des jeunes diplômés se disent prêts à refuser un emploi bien payé si les valeurs ne correspondent pas aux leurs

➔   le résultat : les formations à la transition fleurissent. Des écoles de l’impact aux bootcamps en ligne, des milliers de personnes suivent des parcours de reconversion.

Et pourtant, ce qui commence comme un acte de foi ou un acte militant peut facilement virer à la débandade.

Paul, 38 ans, travaillait dans un grand cabinet de conseil. En 2020, il plaque tout pour créer un espace éco-responsable dans sa région.

“Je voulais retisser du lien local, proposer des ateliers, des circuits courts…” explique-t-il.

Mais le modèle économique ne tient pas : des subventions difficiles à obtenir, une clientèle plus qu’incertaine, une véritable fatigue mentale…

En 2023, il ferme temporairement.

Personne ne m’avait dit que vouloir faire du bien pouvait faire si mal.

Paul – En reconversion

Son témoignage, comme tant d’autres, met en lumière ce qu’on ne dit pas assez : le job à impact n’est pas un graal.

C’est un chemin compliqué, toujours exigeant et trop souvent injuste.

Du sens mais à quel prix ?

Beaucoup partent en quête de sens sans avoir anticipé la réalité économique. Or, les métiers du médico-social, de l’environnement, de la pédagogie ou de l’agriculture urbaine sont souvent mal rémunérés, précaires, ou reposent sur un engagement bénévole.

Selon l’Apec (2023), le salaire moyen dans les métiers de la transition est 15 à 30 % inférieur à celui du secteur privé classique à niveau équivalent.

On idéalise le sens, mais on oublie que la fin du mois compte aussi.

Claire – Ancienne directrice marketing devenue animatrice d’ateliers climat

Le marché de l’impact est saturé

Le nombre de candidat·es “à impact” a explosé sans que les structures suivent, comme c’est trop souvent le cas. Les postes sont de plus en plus rares, les structures toujours petites, les contrats la plupart du temps à durée déterminée.

Un recruteur de l’ESS (Économie sociale et solidaire) résume ainsi “Tout le monde veut faire du bien. Mais peu de structures peuvent les accueillir.”

➔   le résultat : une frustration croissante chez celles et ceux qui se sont formés, se sont battus pour se reconvertir et qui se retrouvent sur le bas côté.

La solitude dans l’engagement

Changer de vie, c’est aussi changer de cercle.

Beaucoup racontent la solitude post-reconversion :

  • la famille qui ne comprend pas
  • l’ancien réseau professionnel devenu distant
  • un nouveau réseau encore fragile

Et surtout, ce sentiment étrange : être “ni dans l’ancien monde, ni vraiment intégré dans le nouveau”.

Non, il ne s’agit pas de dire que vouloir avoir un impact est une erreur. Mais de remettre un peu de lucidité, et beaucoup de tendresse, dans cette quête. Car ce n’est pas l’idéal qui est en cause. C’est la manière dont on le vit, seul, en silence.

Voici quelques pistes pour avancer autrement :

Désacraliser la vocation

Tu n’es pas moins engagé·e parce que tu n’as pas “trouvé ta mission de vie”.
L’impact n’est pas un titre. C’est un mouvement, un chemin.

➔   Faire un pas, même imparfait, vaut mieux qu’attendre le bon moment.

Reprendre la main sur ton projet

  • Redéfinis ton périmètre : que veux-tu vraiment changer ? Pour qui ? À quelle échelle ?
  • Accepte de pivoter, de changer de forme.
  • Appuie-toi sur les outils de l’entrepreneuriat, même si tu ne te sens pas “entrepreneur”

➔   exemple : Sophie, ex-DRH, a lancé une activité de conseil en transition managériale après avoir échoué à créer son ONG. Aujourd’hui, elle vit bien, a du sens et plus de stabilité.

S’entourer, vraiment

Rejoins des collectifs. Parle avec d’autres reconverti·es. Ose dire ce qui ne va pas.

La communauté Epic Fail peut justement être ce lieu : où les réussites ne masquent pas les galères, où l’on parle vrai, où l’on construit du solide à partir du chaos.

Changer l’échelle du regard

Tu ne sauveras peut-être pas la planète.
Mais tu peux transformer des existences autour de toi.
Parfois, ton impact se mesure dans l’invisible, dans l’inattendu.

Oui, changer de vie pour avoir de l’impact peut être un choc.
Oui, tu vas peut-être galérer, douter, te perdre.

Mais tu n’es pas seul·e.

Et sâche que tu vis n’est pas un échec, c’est une étape.

Le blog Epic Fail est là pour t’aider à remettre du sens mais pas celui des slogans LinkedIn.
Un sens vivant, humain, imparfait.

Le tien.

Et si, en avançant, tu fais face à des obstacles ou à des erreurs, n’oublie jamais :

On tombe pour apprendre.
On partage pour avancer.
On écoute pour grandir. 🌱

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