Comment créer un projet à impact m’a épuisé au lieu de me porter

Je pensais que lancer un projet aligné allait me nourrir. Aujourd’hui, je me bats juste pour survivre.

Ils sont de plus en plus nombreux à quitter leur job « classique » pour créer un projet utile, durable, respectueux de l’humain et de la planète. Une marque engagée. Un tiers-lieu. Une formation qui bouscule.

Mais derrière les slogans inspirants et les publications enthousiastes, c’est une autre histoire qui s’écrit : celle d’un engagement qui épuise, d’une précarité qui s’installe et d’une cohérence qui devient parfois un piège.

Depuis quelques années, les vocations se multiplient.
Entre 2019 et 2023, le nombre d’initiatives dans l’Économie Sociale et Solidaire a bondi de 40 % (France Stratégie).

Ticket for Change a vu doubler les candidatures à ses programmes depuis le Covid.

Mais derrière cet élan, 73 % des porteurs de projets à impact affirment ressentir un épuisement émotionnel ou financier, d’après le baromètre Makesense 2023.

Créer un projet aligné ne protège pas de la chute.

➔   au contraire : quand le sens devient central, l’échec devient plus personnel et la solitude plus lourde à porter.

Pas de salaire, pas de sécurité

Beaucoup d’entrepreneurs engagés ne se versent aucune rémunération pendant un an, parfois deux (INSEE, 2022).

Les aides sont difficiles à obtenir. Les modèles économiques sont complexes à rendre viables. Les clients restent frileux face aux prix justes.

J’ai voulu lancer une gamme sans plastique, fabriquée localement, avec un vrai souci de cohérence. Au bout de 11 mois, j’étais à sec. J’ai dû arrêter.

Léa – Ancienne entreupreuneure

Une double pression constante

Dans l’entrepreneuriat “classique”, on doit vendre.
Dans l’entrepreneuriat engagé, on doit en plus :

  • Être irréprochable
  • Être inspirant
  • Être 100 % transparent
  • Être rentable… sans jamais trahir ses valeurs

➔   Tout ça, souvent seul·e, sans équipe, sans soutien, et sans filet.

Le grand écart entre intention et réalité

Même si les consommateurs sont de plus en plus sensibles à l’écologie, seulement 8 % d’entre eux achètent systématiquement responsable (GreenFlex / ADEME, 2023).

L’envie est là, mais les habitudes restent fortes.

➔   le résultat ? Des projets sincères, exigeants mais trop souvent ignorés.

Beaucoup racontent la solitude post-reconversion :

  • la famille qui ne comprend pas
  • l’ancien réseau professionnel devenu distant
  • un nouveau réseau encore fragile

Et des fondateurs qui finissent par porter sur leurs épaules l’échec d’un système qu’ils ne peuvent pas changer seuls.

Créer un projet engagé, c’est souvent une forme d’idéal.
Mais quand ça ne prend pas, la chute est plus brutale.

  • “Je croyais bien faire, je me suis planté.”
  • “Je n’ose plus en parler, je me sens illégitime.”
  • “Je voulais sauver quelque chose, et j’ai fini par me perdre.”

Ce sentiment est partagé par beaucoup.
Mais personne ne l’avoue.
Parce que dans l’imaginaire collectif, un “bon projet” ne peut pas échouer.

Désacraliser la vocation

Tu n’es pas moins engagé·e parce que tu n’as pas “trouvé ta mission de vie”.
L’impact n’est pas un titre. C’est un mouvement, un chemin.

➔   Faire un pas, même imparfait, vaut mieux qu’attendre le bon moment.

Redéfinir ce que veut dire le mot “réussir”

Un projet n’a pas besoin d’être visible, viral, scalable pour avoir de la valeur.
S’il a permis à quelqu’un de mieux vivre, de mieux comprendre, de mieux agir… alors il a compté.

Tu n’as pas besoin de tout prouver pour exister.

Voir la viabilité comme une forme de résistance

Un projet éthique n’a aucun avenir s’il ne permet pas de vivre à celui ou celle qui le porte.

J’ai mis des mois à accepter de me payer correctement. Je croyais que c’était contraire à mes valeurs. En fait, c’était juste une condition pour tenir.

Aude – Cofondatrice d’un studio low-tech

Apprendre à structurer une offre, réfléchir à un modèle économique qui tienne… ce n’est pas “devenir capitaliste”. C’est protéger ton énergie.

Ne plus avancer seul

La solitude est souvent ce qui tue les plus beaux projets.

Cherche des binômes. Participe à des cercles de pairs. Parle de ce qui coince.
Et surtout : entoure-toi aussi de ceux qui galèrent. Pas seulement de ceux qui réussissent.

Accepter de pivoter sans renier

Changer de format, c’est parfois ce qui sauve la cause.

  • Une marque peut devenir un média
  • Une formation peut devenir un accompagnement individuel
  • Une coopérative peut fusionner ou ralentir

Ce n’est pas trahir ses idées.
C’est choisir de les faire durer autrement.

Créer un projet engagé, c’est porter un rêve.
Mais quand il s’effondre, on a tendance à croire qu’on a échoué soi-même.

Ce n’est pas vrai.
Le problème, ce n’est pas toi.

C’est un écosystème encore trop fragile, trop incohérent, trop dur avec celles et ceux qui essaient de faire mieux.

Chez Epic Fail, on croit qu’il est temps de dire les choses :

  • que l’impact épuise trop souvent
  • que le sens n’est, malheureusement, pas toujours rentable
  • et que la cohérence ne peut pas être une exigence sans soutien

Mais on est surtout convaincus d’une chose : ceux qui tiennent, même abîmés, même ralentis, sont ceux qui changent vraiment les choses.

Et si, en avançant, tu fais face à des obstacles ou à des erreurs, n’oublie jamais :

On tombe pour apprendre.
On partage pour avancer.
On écoute pour grandir. 🌱

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